Japon # 15 : arrivée à Kyoto et visite du sanctuaire Inari aux mille tori ...

18 juillet 2013

Tokyo, c'est terminé.
Je pleure tout de suite ou j'attends la fin de l'article?...




Nous voilà partis avec nos grosses valises, sacs à dos et appareils photos vers la gare centrale de la capitale. 
Notre première mission est de taille : comprendre le fonctionnement des quais, des voies, des escaliers qui fleurissent dans tous les sens mais surtout... surtout... comprendre les explications des japonais...

Je vous explique...
Quand vous êtes perdus dans la pampa japonaise et livrés à vous-même au milieu des samouraï (ouiiiii ooooh c'est booon, j'exagère pas tant que ça non plus, faites pas ces yeux là!), il arrive fatalement un moment où un réflexe humain et logique fait surface : vous vous jetez à corps perdu sur le premier être vivant que vous trouvez pour lui demander de l'aide...
Même si cet être vivant a les yeux bridés... Oui.
Même si cet être vivant ne parle incontestablement pas la même langue que la vôtre... Oui.
Et même si cet être vivant est vêtu comme s'il partait au pôle nord au mois de décembre alors qu'il fait 48 degrés dehors... Oui oui.
C'est comme ça, c'est un fait!
C'est l'instinct de survie voyez?

Alors quand vous devez prendre le shinkansen pour rejoindre Kyoto, et qu'au bout d'une demi-heure de lecture de plans (bien-sûr je dis "lecture", mais souvenez-vous, les plans japonais, ça ressemble plus ou moins quoi qu'il arrive de près ou de loin à ...ça...) et d'allers retours incessants dans la jungle ferroviaire tokyoïte, vous n'avez toujours pas trouvé OU ALLER PRENDRE CE PU... DE SHINKANSEN, eh bien vous vous la jouez "Pékin Express à Tokyo" et vous jetez sur le premier "local" passé par là. Voilà.

Et là, les ennuis catalogués de "sérieux" commencent véritablement...

Option n°1: vous réussissez à bloquer quelqu'un, vous lui expliquez votre problème en japonais (enfin "vous"... Guillaume quoi... parce que moi pendant ce temps, je fais des grands sourires niais de petite touriste française perdue et écervelée...), et il vous regarde, en guise de réponse, avec des yeux de bulot qui aurait fumé trois joints de suite...
Option n°2: vous réussissez à bloquer quelqu'un, vous lui expliquez votre problème en japonais (et vous faites encore et toujours de grands sourires niais de touriste perdu et écervelé... c'est très important n'oubliez pas : ça aide le local à avoir pitié de vous!) et ravi d'avoir affaire à un polyglotte, il déblatère, à une vitesse défiant toute concurrence, une phrase incompréhensible puis s'en va en vous gratifiant d'un 'Sayonara' et de quelques révérences... 

Option n°3 : vous réussissez à bloquer quelqu'un, vous lui expliquez votre problème en japonais (sourire niais... blabla... écervelé... bla) et là tout le semblant de crédibilité que vous vous accordiez s'envole en fumée puisque votre interlocuteur vous répond... en anglais. Ô désespoir, ô hérésie, ô honte ultime... 
Passons. 
Si encore l'anglais de votre interlocuteur était compréhensible et vous sauvait de l'éventuel ratage de shinkansen qui vous pend au bout du nez, ça passerait encore...

Mais le vrai problème à cette option n°3, c'est que le japonais lambda parle encore plus mal anglais que moi (et pourtant je vous garantis qu'il faut être doué pour ça...). 
D'un seul coup, il se raidit, laisse tomber ses bras le long du corps et devient parfaitement immobile, tel un tronc d'arbre, et marmonne d'une façon absolument indescriptible quelque chose que lui-même ne doit d'ailleurs pas comprendre... 
Option n°4: vous réussissez à bloquer quelqu'un, vous parlez à deux un langage des signes presque internationalement connu, et à force de courage, de persévérance, d'imagination, de cumul d'informations et de gestes, vous finissez par trouver le chemin du shinkansen pour Kyoto...

Bref, un moment donné, vous êtes assis dans le train, vous vous rendez compte que les deux tiers de votre merveilleux voyage sont passés, vous devenez alors un mélange subtil de tristesse et d'excitation (rapport au tiers restant), puis vous finissez par vous laisser aller, et à peine quelques deux heures et quinze minutes plus tard, vous posez les pieds dans la capitale impériale, prêt à vivre de nouvelles pérégrinations...




Un groupe scolaire en sortie attend sagement, dans un ordre, une discipline et un silence totalement déconcertants... Notez la différence avec nos groupes scolaires à nous, vous savez, ceux qui rentrent par vague effrayante de 47 dans le métro parisien, en hurlant, en sautant et en écrasant. "C'est une aut' culture".




La récompense de cette chaude journée : un café frappé... bon, de chez Starbuck, certes... pas très local tout ça mais bon... bien rafraîchissant en attendant!

Kyoto Tower : le point de repère de la ville, puisqu'elle dépasse toutes les autres constructions.



Quelques temps après notre installation dans un appartement absolument hallucinant, nous partons à la conquête d'une nouvelle visite.

Cette image est imprimée dans nos têtes depuis longtemps, elle est l'un des symboles et des clichés du Japon pour beaucoup d'étrangers... 
Vous savez! 
Mais si vous savez! Ce chemin interminable de tori rouges, que l'on aperçoit même dans le célèbre film "Mémoires d'une geisha"...

Ça, là, en bas! Vous voyez là cette fois non?

Eh bien je rêvais de m'y promener pour de vrai... 
Alors tant qu'à être à l'autre bout du monde, autant réaliser l'une des belles choses que je mourrais d'envie de faire dans ma vie.
Ça peut paraître un peu bête hein... 
Oui c'est vrai. 
Mais c'est l'une des images fortes qui était gravée dans ma petite tête. 
Quand nous avons pris nos billets pour le Japon, oui, c'est l'une des premières choses auxquelles j'ai pensé : ces tori rouges, cette allée protégée et hors du temps...

Alors nous avons pris le train jusqu'à Fushimi Inari, une petite ville située à environ 10 km au sud de Kyoto, pour se promener au milieu de ces allées extraordinaires, et découvrir le plus gros sanctuaire shinto du Japon dédié à la déesse du riz et du sake (et plus généralement de l'agriculture et de la prospérité) : Inari.
Symbolisée par un renard (l'animal était son messager), elle veille sur les récoltes et garantit le succès dans les affaires. 
De très nombreux sanctuaires ont été érigés au Japon en son honneur, et le culte de la déesse remonterait au huitième siècle. 
Fushimi, Inari est tout particulièrement considérée comme la divinité de la montagne sur lequel le sanctuaire est construit, même si ailleurs dans tout le pays, elle est également vénérée pour la fertilité, la naissance et l'annonce des dangers...
Bien-sûr, Inari est plus que tout associée à la richesse (récoltes, prospérité...), d'où peut-être la présence de ces milliers et milliers de tori, constituant en réalité les donations faites au fil des ans par de riches commerçants et entrepreneurs dont le nom est gravé à l'arrière...

D'une durée d'environ deux heures, le "chemin de randonnée" qui s'ouvre dans la vallée et qui relie les sanctuaires les uns aux autres se trace entre les arbres, sous plus de dix mille tori rouges vermillon...


En s'y promenant, une atmosphère très particulière me submerge...
Presque comme surnaturelle.

Douce, sereine, et réellement hors du temps...

Belle promenade au sanctuaire Inari...


A l'entrée du sanctuaire, le renard symbolique d'Inari veille...

Ces couleurs me font rêver...



Et toujours le renard (ici à gauche), que l'on retrouve aux quatre coins de ce site enchanteur...


Encore un renard !!!

A cet endroit précis... avant de faire le premier pas dans cette allée... je me suis dit : "quelle chance j'ai d'être ici"... Et puis j'ai tout de suite ressenti cette atmosphère étrange, qui se devine assez bien, je trouve, au travers des photos.

Et quand les renards ne sont pas sculptés dans la pierre, c'est dans le bois qu'ils le sont. Dessus, les touristes et fervents croyants peuvent inscrire et graver leurs vœux et prières les plus chers...

Les noms des donateurs gravés aux pieds des tori








J'espère que cette visite au sanctuaire Inari - dit "aux mille tori" - vous aura plu et qu'elle vous aura permis de voyager avec moi, même l'espace de quelques instants...


Et dès notre retour à Kyoto, devant nous...



... ce petit bout'chou à couettes qui a bien failli finir victime d'une entourloupe très finement rodée : "Guillaume, va parler avec son papa et sa maman, et moi pendant c'temps, ni vu ni connu, je la ramène à Paris dans ma valise à roulettes, elle est trop belle" ! 

Je vous rassure : aucun adorable petit chou japonais n'a été victime de mes élucubrations les plus farfelues, et nous ne sommes bien rentrés qu'à deux ! 

A très vite pour de belles visites!
Bisous tout plein mes lapins!




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