Norvège #1 : Les îles Lofoten... ou le paradis sur terre!

3 décembre 2014






Chers petits pérégrins,

Les votes sont clos, et bien que peu nombreux, les votes ont parlé : vous voulez que je vous emmène dans les îles Lofoten, en Norvège! Je m'exécute!
Je ne vous cache pas que je ne suis plutôt pas mécontente de ce choix!
Cet endroit en dehors du temps, en dehors du monde, en dehors de tout... m'a laissé un tel souvenir que j'avais hâte de vous faire partager nos pérégrinations polaires!

Comme je vous aime tous beaucoup et que chaque vote compte, je respecterai pour mes futurs articles l'ordre de vos préférences. Après les îles Lofoten, nous terminerons donc la Norvège avec un petit tour à Oslo, puis nous ferons le grand écart en nous ré-échappant en Andalousie - au campo avec les taureaux et à l'Alcazar de Séville - avant de faire un petit tour du côté du Pays Basque, et plus précisément dans un restaurant miam-miam-tu-m'en-diras-des-nouvelles

Alors alors, par quoi commencer ?
 Peut-être par le début tiens, par la mise en bouche, la révision du contexte!

***
Un beau jour du mois d'août, alors que je me promenais avec ma copine Chloé, son Doudoucha et leur futur petit renard dans les serres du jardin des plantes à Paris, Guigui-le-pérégrin m'a envoyé un texto qui disait, en gros : 
- T'es libre du 6 au 13 septembre?
Et moi j'ai dû lui répondre un texto qui disait, en gros :
- Je sais pas ça va dépendre de quand tombent mes examens au conservatoire ; c'est dommage que tu sois pas avec nous, on se bidonne devant des cactus aux formes chelous.
Oui... bon... ça va te moque pas... genre toi t'es parfait et tu t'es jamais marré devant un gros cactus! A d'autres hein! 
Guigui-le-pérégrin, lui, n'en avait rien à tamponner des cactus, et il m'a répondu un texto qui disait, en gros:
- Réserve cette période-là, je t'emmène quelque part, c'est une surprise...
Alors moi, après lui avoir envoyé une photo très évocatrice de l'un des cactus (oui oui, ça nous a occupés un certain temps quand même...), je lui ai re-répondu un texto qui disait, en gros:
- Mais si j'ai mes exams qui tombent à ce moment-là, comment je fais? T'as vu ce cactus la tronche qu'il a?
Et là, Guigui-le-pérégrin (qui n'en avait toujours rien a tamponné des cactus) a clôt la discussion en m'envoyant un texto qui disait, en gros:
- Ben si j'étais toi, je me débrouillerais pour être libre, parce que tu voudrais pas rater un truc pareil...

Alors à ce moment-là... les cactus ont un petit peu moins retenu l'intégralité de mon attention, et j'ai commencé à me demander ce que Guigui-le-pérégrin pouvait bien manigancer.
Et puis pour que tu sois complètement en osmose avec moi cher lecteur, il faut quand même que je te signale que nous cherchions éventuellement à partir se faire un weekend "détente et farniente" en Bretagne, en mode moules-frites, pieds dans le sable, cheveux dans le vent. Au début, j'ai ainsi bêtement cru que Guigui-le-pérégrin avait trouvé un super petit hôtel en Bretagne!   
Comme tu t'en doutes, j'étais à dix-mille lieues de la Scandinavie...

Puis le temps faisant son effet sur moi, j'ai commencé à avoir quelques soupçons et à me dire que peut-être, la Bretagne n'allait pas être notre destination principale... Ou alors qu'un truc-de-ouf-sa-mère-en-short m'attendrait là-bas (genre spa, massages toussa). 
Le soir-même, impossible de lui faire décrocher un petit indice.
Screugneugneu.
Le lendemain soir... il a fini par me dire - après harcèlement moral et menaces de mort - que j'aurai besoin de prendre avec moi un bikini et une polaire...!!!
Genre merci l'indice quoi! Un BIKINI et une POLAIRE! 
Super, je fais quoi moi avec ça? 
On peut aller PARTOUT avec un bikini et une polaire!
Un peu plus tard, il a lâché: "c'est à deux heures de Paris"...
Oui mais petit fourbe qu'il est, tu remarqueras qu'il n'a pas précisé par quel moyen de locomotion!
Deux heures en train? En avion? En bateau? En voiture? En trottinette? A pieds? En patins à roulettes? En jet privé? En fusée? En surf? 
Super, je fais quoi moi avec ça?
On peut aller PARTOUT en deux heures depuis Paris!

Puis finalement, je crois qu'il était tout aussi survolté que moi, alors il a fini par me dire, dans la voiture:
- Bon de toutes façons, même si tu sais où on va, y'aura encore une grosse surprise sur place, et celle-là, même sous la torture, je ne te la dirai pas, alors je peux bien te donner notre destination...
Là, comme je ne m'attendais pas du tout à des aveux si rapides, j'étais en mode "perdue dans la dangereuse pampa de mon cerveau" :
- Oh oui dis-moi! ... Non non non attends me dis pas me dis pas me dis pas! ... Oh si j'ai envie de savoir! ... Non non non c'est une surprise ça va tout gâcher! ... ON VA OU ? ... Tais-toi me dis rien!
Un truc du genre!
  Finalement, on a joué aux devinettes... 
J'ai fini par comprendre qu'on partait à l'étranger, qu'on allait prendre l'avion... et qu'on atterrirait en Norvège! 
J'ai sauté partout assise et attachée sur mon siège avant... on a failli écraser 4 chats et 12 smarts!
Traduction : je ne m'y attendais pas du tout mais alors pas du tout DU TOUT, et j'étais très mais alors très TRÈS contente!

***

Nous sommes donc arrivés le 6 septembre au soir à Oslo, et y avons passé toute la journée du 7 septembre.
Ça, c'était prévu, et c'est même moi qui ai pu l'organiser... mais on en parlera dans un prochain article!
Le 8 au petit matin, cette fois, la grosse surprise commençait...
Je savais qu'on partait de la capitale norvégienne... mais pour aller où, ça, c'était un vaste mystère! Sachant que nous n'avions que quelques petits jours devant nous, je pensais raisonnablement qu'on allait prendre le train pour rejoindre la campagne osloïte et passer un moment au vert.
Effectivement nous nous sommes dirigés vers la gare d'Oslo.
Mais dans la gare, nous nous sommes dirigés vers les trains en direction de l'aéroport.
Puis à l'aéroport, vers la salle d'embarquement pour Narvik...

Si t'es comme moi petit lecteur, Narvik, eh ben t'as aucune idée de l'endroit où ça se trouve.
Alors tu ouvres ton guide vert...
Et tu te rends compte que Narvik, c'est là :


AU-DESSUS DU CERCLE POLAIRE, LA MÉGA GRANDE CLASSE !!!
A CÔTÉ DES ÎLES LOFOTEN !!!
L'UN DES TRUCS QUE J'AI LE PLUS ENVIE DE VOIR AU MONDE !!!
"On sera à côté, on pourra y faire un tour", me dis-je.
si t'es toujours comme moi petit lecteur, tu oublies alors instantanément que tu es dans un lieu public et qu'il y a du monde autour de toi : tu pousses des petits cris, et tu sautilles frénétiquement dans tous les sens! 
Pendant approximativement 14 minutes et 17 secondes!
Et je t'assure... c'est long! 
Demande à Guigui-le-pérégrin!

Arrivés à Narvik - lieu que je pensais ainsi être notre destination finale - je me suis retrouvée assise dans une superbe voiture de location... Et là, nous avons roulé, roulé, roulé... longtemps... jusqu'à la traversée d'un pont à l'entrée duquel il était écrit :

I Lofoten

J'avoue humblement... c'était pas écrit en multicolore... mais c'est comme ça que mes yeux l'ont vu, le panneau!!!
Ainsi, nous n'allions pas être à côté des îles Lofoten, mais dans les îles Lofoten...
...
Mutisme.
Bouche ouverte.
Appareil photos greffé à la main droite.
Re-mutisme entrecoupé de "oh la la oh la la".

On a roulé au milieu de paysages somptueux pendant des heures, sur une route encadrée de montagnes, elles-mêmes dévalées par de nombreuses cascades...
On s'est enfoncés dans les îles... dans les fjords... dans le bout du bout du bout du monde... on a traversé des dizaines de ponts...
Et puis on est arrivés devant une petite maison, une petite cabane de pêcheurs traditionnelle, perdue au milieu de nulle part...
On était arrivés...
C'était magique!

Bienvenue aux Lofoten...







Premier arrêt, juste avant le pont qui allait nous emmener sur l'île de Gimsøy... "notre" île! Et donc première série de photos! Nous étions époustouflés par ces paysages grandioses, ces montagnes déchiquetées qui tombaient à pic dans la mer et les fjords, cette lumière surnaturelle qui rendait tout autour de nous complètement irréel...

***

La voici, notre petite cabane... N'est-elle pas adorable?


Aussitôt arrivés, nous avons mis en marche le petit poêle à bois, nous avons rapidement rangé deux-trois affaires, et puis nous sommes partis explorer notre minuscule village, et nous promener, au crépuscule, le long de son petit port de pêche...
Instant surréaliste: nous découvrons les paysages grandioses et sauvages des Lofoten, et la lumière du soir vient nous bercer dans cette douce magie...
 



Voilà, tu peux contempler d'ici l'intégralité de notre "village", si tant est que l'on puisse appeler cela "village"! Notre cabane, c'est le petit toit rouge sur la droite de la photo! Et la montagne que vous apercevez derrière constituera notre derrière randonnée : nous y aurons une vue merveilleuse!


Nous avons poursuivi la promenade jusqu'au pittoresque phare de notre petit port.
Et en nous approchant, pour continuer dans le surréalisme de notre arrivée, nous sommes tombés sur...

   ... les ossements d'une baleine venue s'échouer là probablement quelques mois plus tôt...
Apparemment, cette baleine avait une histoire bien à elle, puisque dans le livre d'or de notre cabane - en parcourant rapidement les mots des visiteurs venus avant nous - un groupe de copains avait écrit que le monsieur du village la leur avait raconté... Malheureusement, nous n'avons pas eu cette chance, et le mystère qui planait autour de ces ossements quand nous les avons découverts reste encore aujourd'hui tout entier...



A notre retour, il fait complètement nuit, mais la magie n'en a pas pour autant disparu... La lune, la montagne et le village se reflètent dans l'eau du port, le ciel est d'un bleu nuit/klein époustouflant... nous sommes conquis! A notre retour à la cabane, nous nous mijotons un petit repas au coin du feu... Quelle première journée dans les îles Lofoten...


***

Le lendemain, nous nous réveillons sous un ciel uniformément gris, et enrubannés d'une brume qui ne quittera pour ainsi dire jamais le ciel jusqu'à la fin de notre séjour...
Je vous l'avoue, ça nous fout un gros coup au moral...
Dans notre guide vert, toutes les photos des Lofoten sont baignées d'un soleil brillant, d'une lumière flamboyante et les villages de rorbuers rouge vermillon (maisons traditionnelles de pêcheurs) se perdent dans un ciel plus bleu que bleu.
On est loin des paysages de cartes postales que nous avions en tête...
Et  pourtant... la réalité de ces îles, et de toute la Norvège plus généralement, c'est bien ça : le brouillard, le gris, la pluie... et quand on l'a compris et accepté, alors on se rend compte que cela fait aussi partie de la beauté folle de ce pays...
Il faut croire que nous n'avons voulu retenir que ce qui nous arrangeait, parce qu'au delà de ses photos ensoleillées, notre guide nous proposait également ce paragraphe:

"Rassurez-vous, vous avez de bonnes chances de voir le soleil... entre deux averses. Le temps peut être très beau, très chaud pendant plusieurs jours, puis tourner subitement, sans crier gare. Cela fait partie du charme de la Norvège. La pluie fait partie intégrante du pays. Il faut l’accepter... sans râler.
À la même latitude que l’Alaska ou la Sibérie, en plus des paysages, le soleil est ici un cadeau supplémentaire". 

Après ça, si t'as pas compris que t'as plutôt intérêt à garder la banane quelle que soit la météo... ben t'as effectivement plus qu'à pleurer!
Je dois avouer que c'est un peu ce que j'ai fais, par moment : frustration, et surtout grosse peine pour mon Guigui-le-pérégrin qui faisait parfois une mine déconfite de déception, lui qui s'était donné tant de mal pour m'emmener jusque là...
Heureusement, les paysages à couper le souffle nous ont largement redonné le sourire, la joie et l'émotion à chaque nouveau virage...


Un petit aperçu du pire moment de notre séjour en terme de grisailles, de brume et de moral à plat. Et pourtant on est d'accord, une atmosphère vraiment spéciale se dégage de ses photos et... c'est beau, non ?


***

En route maintenant vers l'une des plages les plus belles et connues des Lofoten, l'un des spots de surf les plus connus au monde, puis ses alentours : Unstad.

"Présentées comme l'un des meilleurs endroits au monde pour surfer dans l'eau froide, les îles Lofoten dans la Norvège du Nord, recèlent des vagues de classe mondiale et une nature sauvage. Bien qu'il existe beaucoup d'autres bonnes plages pour le surf, Unstad est l'endroit le plus réputé dans l'archipel - les vagues y jaillissent presque tous les jours de l'année. Très différentes des plages de surf bondées dans le reste du monde, les îles Lofoten sont particulièrement appréciées par les surfeurs qui aiment les grands espaces. Où d'autre peut-ont surfer seul, avec comme unique compagnie un phoque, un marsouin ou un aigle de mer ? Le soleil de minuit en été signifie qu'il est possible de surfer pendant 24 heures où les surfeurs ne rateront jamais le pic de la houle, ce qui peut souvent arriver dans l'obscurité."
[visitnorway.com]

Ca fait rêver non?
Et si je te dis, petit pérégrin, que nous étions totalement seuls sur cette sublime plage, que nous avons eu ces sublimes paysages rien que pour nos quatre yeux, que nous avons pu nous y perdre, les dévorer... tu me réponds quoi?
Moi je te réponds que c'était le paradis... 

Et je rajoute même, histoire que tu bavouilles bien correctement, que ça a été comme ça quel que soit l'endroit des Lofoten où nous avons posé un orteil !
Ce sentiment de solitude, de petitesse et de respect face à la royauté de la nature...
Il était là partout, et tout le temps...










 ***

Plus tard dans le séjour, nous avons fait notre première randonnée...

 









 ***
 
Le lendemain, nous avons parcouru notre île, aux alentours de notre cabane... 
Il faisait un vent à décorner les bœufs, comme on dit... mais ça ne nous a pas arrêtés: nous avons pu admirer les magnifiques et infinies couleurs de l'automne se préparant doucement dans la végétation, et nous avons passé un doux moment à discuter sur la route, jusqu'à une petite plage qui m'a enchantée...







♥♥♥




***

Le dernier jour, nous nous sommes promenés dans  Kabelvåg...





Puis nous avons photographié Vågan Church, encore appelée "la cathédrale des Lofoten ", construite entièrement en bois et dominant une petite crique... C'est ici que les pêcheurs venaient autrefois prier avant de prendre la mer... Peut-être est-ce encore le cas aujourd'hui pour nombre d'entre eux?




  ***

Nous nous sommes ensuite perdus dans le port et la "campagne fjordesque" de Stamsund, très connu en Norvège puisqu'il est en effet l'une des escales du célèbre Hurtigruten, l'express côtier.
L'eau y était d'un bleu turquoise hallucinant et translucide (nous avons pu jouer à cache-cache avec les étoiles de mer), et contrastait merveilleusement avec les couleurs vives des rorbuers et des bateaux...










  ***
  
C'est l'heure à présent de notre deuxième et dernière randonnée... eh oui, nous repartons demain...
Nous grimpons alors jusqu'en haut de la montagne que je vous ai montrée dans les toutes premières photos de notre village...




♥♥♥

C'est sur la digue que vous pouvez voir que nous nous sommes promenés le soir de notre arrivée...



***

Puis c'est le retour à la cabane... nous devons ranger nos affaires, boucler nos sacs à dos, enfermer nos chaussures de randonnées... 
Évidemment, tout ça se fait le cœur très lourd : nous n'avons ni l'un ni l'autre envie de quitter ces paysages majestueux, cette grandeur de la nature, cette solitude, ces fjords magiques... 
Nous envisageons sérieusement de nous cacher dans le grenier... ou bien de choisir l'endroit le plus beau des Lofoten pour y construire notre propre rorbuer.
Au milieu de nos empaquetages et multiples nettoyages, subitement, en regardant par la fenêtre, je m'aperçois qu'une chose irréelle se passe: c'est le coucher du soleil... et nous pouvons le voir! Le ciel se dégage, il n'est plus caché derrière le brouillard, on peut admirer toutes les couleurs du ciel couchant...
Je ne sais plus trop comment réagir : je suis alternativement  heureuse de ce magnifique clin d’œil pour notre dernier soir, et frustrée de ce beau temps qui apparaît alors que nous nous en allons...
Je ne sais pas bien si c'est un cadeau ou une farce de la nature...
Je décide de prendre ça comme un cadeau, j'enfile mon imperméable et sors à toutes jambes photographier ce dernier moment baigné de beauté... il faut se dépêcher, la nuit va vite tomber.








  


Notre petite cabane... ♥


  ***

 Lendemain matin...
C'est l'heure de partir...
Après un petit déjeuner très drôle à l'aéroport (une espèce de tranche de fromage au hareng, fourré dans une gaufre sucrée, le tout arrosé par un café beaucoup trop fort... bonjour les nausées!), nous embarquons et retournons à Oslo...





J'espère que ces pérégrinations polaires dans la Norvège des Iles Lofoten vous aura plu...
Je vous donne rendez-vous très bientôt pour une petite visite d'Oslo, et vous fait plein de bisous à la noix de coco! (oui bah ça va c'était pour la rime, rhoooo).


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